Que peut-on en panser?

<font size="2">Comme beaucoup d’entre nous, je pense, je suis un peu aterré (et ce n’est

pas un mauvais jeu de mots avec mon statut actuel).

Depuis dimanche soir beaucoup de mails ont circulé de proche en proche de

liste en liste.

Je crains que je risquerais en entrant dans le détail (et ce n’est toujours

pas un mauvais jeu de mots), j’exposerai une position minoritaire.

Concernant le détail de ma position il est antérieur à cette contribution, et je le maintiens.

Pour revenir sur une approche plus analytique…
</font>

<img src="vrac/lepennon.jpg" />

… de ce que l’on pourrait bien

penser des sondages et sur l’interrogation que nous pouvons avoir sur le

rôle de la communication en général et des médias en particulier, je serais

tenté par les pistes suivantes:

Jusqu’où les individus subvertissent-ils les sondages pour retrouver des

espaces de liberté, pour avoir des approches stratégiques, pour planter les

sondeurs et leurs commanditaires afin que les uns et les autres soient

conduits à autre choses qu’une démarche marketing?

Jusqu’où la rationnalisation mathématique des comportements est-elle fiable

sachant qu’à une acceptation même minime d’erreur, on se retrouve

potentiellement avec des résultats qui remettent tout en causes et que ce

pourcentage d’erreur théorique se transforme de plus en plus souvent en

réalité pratique (peut-être faut-il admettre qu’il faut se fier à l’erreur

plutôt qu’à la certitudes)?

Par quels autres moyens autres que le contre-pieds et la feinte de corps les

individus peuvent-ils faire valoir le doute qu’ils ont dans la pertinence du

système politico-médiatique?

Quelles sont les limites de la collusion politico-médiatique, et jusqu’où la

stratégie de jouer avec le feu est une stratégie économique et tactique

lorsque ceux ci évitent le risque de leur engagement à défendre des idées au

risque de perdre?

Que pensez des gens qui forment les communicants lorsque la sémiotique

visuelle des professions de foi de J.Chirac et L.Jospin sont identiques, que

le générique musical de R.Hue ressemble à jingle d’émission de variété des

années 70, que les candidats qui ont percés l’ont fait avec des discours

spolliés au 19ième siècle et aux années de crise des années 30, dans un pays

où les classes paysannes et ouvrières sont minoritaires et que les

structures organisationnelles ont changées?

Que pensez de la classe intellectuelle qui continue à défendre le discours

de la méconnaissnce des électeurs d’extrème droite pour les thèses

sous-jacentes, alors que justement c’est bien pour ça que les gens votent

pour eux? Ils ne sont pas idiots, c’est bien parce que LePen dit qu’il veut

foutre les arabes dehors qu’ils votent pour lui. Ne nous voilons pas la face

(ce qui n’est toujours pas un mauvais jeu de mots, mais une revendication).

En les infantilisant, les intellectuels ne prennent-ils pas une position qui

renforcent l’imperméabilité à d’autres approches des problématiques

socio-culturelles, et se retrouvent mis dans le même sac que les politiciens

et journalistes, mis dans une caste protégée qui est incapabable de les

comprendre?

N’assistons nous pas au travers de cette campagne à une nouvelle

américanisation politico-culturelle: En contraignant et en développant

l’idée d’un front démocrate contre ceux qui se disent des républicains

nationaux, on déplace le clivage droite gauche et ses ancrages entre

social/économique vers un clivage progressiste/conservateur? Dans un cas

comme dans l’autre se second clivage repose sur l’acceptation d’un modèle

libéral unique…

Ce ne sont la que des pistes de reflexion sur notre rôle collectif,

individuel et je l’espère aussi qu’au-delà de la reflexion ils ouvrent sur

un regard sur nos propres actions.